Oct
06

Un paysage multiculturel extrêmement bien conservé

Le bien se caractérise par la beauté de ses paysages naturels, mais surtout par la diversité des cultures originales que les sociétés ont gardé vivantes. Ces sociétés, qui ont largement fait connaître leurs traditions culturelles, sont soucieuses de préserver leur patrimoine et ont su, mieux que dans bien d’autres régions du Sénégal et d’Afrique,résister aux influences extérieures qui auraient pu déstabiliser leur organisation sociale et politique unique.

 


Une grande culture de la résistance pacifique


Les Bassari et les Bédik ont dû créer dans leur aires géographiques respectives des conditions leur permettant de vivre a l’abri des raids esclavagistes et religieux. Les Bédik se sont installés sur le replat de la falaise de Bandafassi, créant des villages, nichés au creux des éboulis de dolérite. Les Bassari quant à eux, ont creusé des grottes avec
galeries et chambres souterraines dans les talus latéritiques de leurs collines et se sont dispersés en petits hameaux familiaux dans leurs terroirs. Chaque élément de la nature a ainsi acquis une double signification, empirique et objective d’une part, symbolique et culturelle d’autre part. L’exubérance rituelle des Bassari et des Bédik est une célébration du triomphe de la vie et une réactualisation, à chaque fois renouvelée, des siècles de
résistance. Leur harmonie découle d’une organisation équilibrée des travaux tant dans les champs que dans l’unité de résidence.

Les paysages culturels témoignent de la résistance à l’asservissement des ces peuples. La succession de puissants envahisseurs n’aura fait qu’exacerber leur farouche volonté d’être, et de choisir leur mode de vie. Ils ont opposé des résistances multiformes, changeant les structures de leurs villages, creusant des grottes refuges, et dans
certaines circonstances, émigrant temporairement quand les pressions étaient insupportables.

Les Peul, anciens ennemis, ont fini par se fondre dans le paysage, en adoptant de nombreux éléments culturels des populations qu’ils souhaitaient autrefois chasser et asservir. La cohabitation entre les Peul et les autres communautés est maintenant pacifique. Ils se respectent mutuellement, mais poursuivent la résistance aux influences extérieures, pour défendre leurs valeurs culturelles respectives. Ces cultures qui se sont affrontées pendant des siècles ont fini par s’accepter comme différentes pour cultiver la complémentarité.


Une adaptation subtile de l’homme dans l’environnement


Quelque soit le groupe culturel auquel elles appartiennent, les populations des montagnes sénégalaises entretiennent un rapport fusionnel avec la nature dont ils font partie intégrante. Chaque activité est une célébration de la nature, qui leur offre vie et protection. L’homme n’a pas ici tenté de dompter les éléments pour mieux les exploiter, il a au contraire développé une approche environnementale basée sur une compréhension maximale de la nature conjuguée à des prélèvements raisonnés. Tout prélèvement répond à des besoins incontournables, et la notion d’exploitation commerciale n’existe pas. Les plantes et les animaux, comme les hommes, les montagnes et les éléments sont ici habités d’esprits qu’il convient de respecter si l’on veut être soimême protégé par la nature. Tout prélèvement sur l’environnement est réfléchi et assumé, et répond à un dialogue subtil entre les esprits de la nature et celui des hommes. Là où les ressources sont précieuses et rares, des interdits garantissent leur protection. C’est le cas pour certaines plantes, pour de nombreux animaux ou pour le miel par exemple, qui est interdit à certaines classes d’âge. Par leur mode de vie, les populations du pays Bassari nous rappellent qu’il existe d’autres façons de concevoir les rapports entre l’homme et la nature.


Un système d’éducation qui responsabilise les individus à un très jeune âge


Avec le système des classes d’âge, qui marque la vie des Bédik et des Bassari, chaque membre forge rapidement sa place dans le groupe social et endosse des responsabilités qui donnent un sens très fort à sa vie. C’est lors des initiations ou des travaux communautaires que les classes d’âge apprennent à se connaître et définissent ce que
chaque individu deviendra, en fonction de ses aptitudes. Très tôt, les enfants apprennent à comprendre l’environnement qui les entoure, et forgent cet esprit d’initiative et d’autonomie qui les rend très forts, en leur permettant de se débrouiller en toute circonstance.

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