Les Bédik font partie du sous groupe Tenda composé des 4 ethnies suivantes : les Bandiaranké, les Bassari (bėliyan), les bėdik et les Coniagui. Cette grande famille est originaire de la Guinée ou du Mali.

La patronymie des Bédik ressemble d’ailleurs à celle des Malinkés. Les noms de famille sont Keita, Kamara, Samoura, Kanté et Sadiakhou. Selon l’expression de R. Gessain (1953: 53), les Bédik “sont des Keyta (Mandingue) parlant Bassari”. L’existence d’une langue Bédik a été établie plus tard par M.‐P. Ferry. Les Bédik constituent une petite population résidant essentiellement dans la falaise de Bandafassi. Leur origine remonterait aux premières phases de l’expansion Malinké. “Les Malinkés, représentés par la personne de Sane Kalli Keita, se seraient métissés aux Bassari pour former l’ethnie actuelle des Bédik. Ce qui expliquerait le fait que les Bédik portent, selon leurs fonctions sociales des noms de clans équivalents à ceux des Malinkés voisins. Keita pour les chefs de village; Sadiakho pour les chefs religieux; Samura et Kante pour les forgerons” (Charet 1969:105).


Suite à la politique d’expansion islamique opéré par le guinéen Alpha Yaya Diallo, ces groupes ethniques se sont enfuit pour échapper au massacre. C’est ainsi que les Badiaranké moins résistants, sont restés en Guinée et se retrouvent dans les localités de Badiar, Koundara. Les Bassari et les Coniagui se retrouvent de part et d’autre de la frontière Sénégalo‐Guinéenne. Quant aux Bédik plus résistants et farouches défenseurs
de leurs traditions et coutumes ancestrales, ils vinrent se réfugier dans les montagnes de Bandafassi. Leur implantation dans cette zone remonte vers la fin du 13ème siècle et le début 14ème siècle. Les deux villages Bédik les plus anciens seraient Etiola et Iwo.

Cependant, il existait, avant Ethiowar, un autre village (disparu) du nom d’Ifaafël, habité par les Camara. Mais nous ne savons pas, dans l’état actuel de nos recherches, s’ils
parlaient mënik ou s’ils parlaient une autre langue. Dans leurs récits, ils disent qu’ils ont quitté Ifaafël, au sommet du massif, pour vivre en communauté avec les Keïta. Ces derniers étaient venus se réfugier au pied des massifs de Bandafassi, lors de la guerre entre Soumaoro Kanté et Soundjata Keïta. Lorsque les Camara et les Keïta se sont rencontrés, ils ont décidé de vivre en communauté et ont quitté leur village d’origine (les
premiers au sommet de la montagne et les seconds au pied de la montagne pour créer un nouveau village, Ethiowar, au milieu du massif de Bandafassi. Les Keïta sont devenus et sont restés les chefs de village. C’est un honneur qui leur a été offert par les Camara qui, eux, sont et demeurent les chefs de coutume. Plusieurs autres villages Bédik se sont créés maintenant, au pied des massifs, autour de Ethiowar et de Iwol.

Dans le Bandafassi, sous le massif d’Ethiowar, Indaar qui était un espace de culture est devenu un espace d’habitation à cause du manque d’eau à Ethiowar, il en est de même pour Bañang. Près du massif de Bangomba se situent les villages de Bandata et Thiobo, dont les habitants seraient originaires d’Ethiowar.

Autour du massif de Bademba, se situent d’autres villages Bédik Iwol, Eces haut, Eces bas, Andiel, et de villages plus récents, habités à l’origine par des Bédik venant d’Iwol : Mangama, Dambukoy, Ninderfecha (actuel Ninéfesha) et enfin Oussounkala, Kurungoto, Madaces, Sinthouroudji à proximité presque immédiate de la Guinée.

Les Bédik comme les Bassari ont dû créer dans leur aires géographiques respectives des conditions leur permettant d’être a l’abri des raids esclavagistes. Les Bédik se sont installés sur le replat de la falaise de Bandafassi, créant des villages niches au creux des éboulis de dolérite. Les Bassari quant a eux, ont creusé des grottes avec galeries et chambres souterraines dans les talus latéritiques de leurs collines et se sont dispersés en petits hameaux familiaux dans leurs terroirs. Chaque élément de la nature a ainsi acquis une double signification, empirique et objective d’une part, symbolique et culturelle d’autre part. L’exubérance rituelle des Bassari et des Bédik est une célébration du triomphe de la vie et une réactualisation à chaque fois renouvelée des siècles de résistance. C’est la “traduction” de cette résistance que nous avons tentés de retrouver lors des prospections archéologiques dans les zones bien circonscrites du terroir d’Ethiolo en pays Bassari et d’Éthiowar dans la “montagne” Bédik de Bandafassi.

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