Selon P. Charet (1969) la première migration Peul vers le Fouta Djalon remonterait au 11ème siècle. Les vagues de migration se poursuivent régulièrement jusqu’à la fin du 19ème siècle. Elles entraînent de grands mouvements de population, mais aussi des épisodes de famine décrits au 18ème siècle, les cultivateurs étant chassés de leurs lieux de production.

La vague d’invasion Peul la plus connue est celle des dernières années du 19ème siècle, décrites par Maupoil (1954: 379). La région aurait perdu les 2/3 de ses habitants pendant ces guerres menées par Mousso Molo, Tierno Ibrahima, et surtout Alfa Yaya, qui dirige la politique d’expansion islamique. Il faudra attendre le milieu du 20ème siècle seulement pour voir s’apaiser les relations entre Peul, Bassari et Bédik. Le paradoxe et peut‐être aussi le miracle du Pays Bassari aujourd’hui, c’est la cristallisation dans le paysage et la coexistence pacifique d’entités dont l’histoire des relations est marquée par une vilence récurrente.

Musulmans et surtout esclavagistes, les Peul ont longtemps été les ennemis jurés de Bassari et Bédik péjorativement désignés sous le vocable de Tenda (étrangers), étrangers sur leurs propres terres devrions nous dire. Les Peul s’imposèrent par la force en prenant la place des Dialonké, anciens conquérants qu’ils ont traqués et chassés vers le nord‐est. Éleveurs et agriculteurs, ils sont descendus du Fouta Djalon voisin pour inventer une véritable hybridation culturelle faite d’un subtil mélange entre les traditions pastorales dont ils sont les héritiers et celle d’agriculteurs cueilleurs qu’ils ont adopté sous l’influence de de leurs désormais anciens ennemis.

Les Peul habitent aujourd’hui 57 villages dispersés le long de la frontière guinéenne. Tous ces villages sont postérieurs aux guerres qu’Alpha Yaya a menées à la fin du 19ème siècle dans la région.

 

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