Jui
29

Au Sud du Parc du Niokolo‐Koba, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980, apparaissent les premiers contreforts du Fouta Djalon, château d’eau de l’Afrique de l’ouest abritant les sources des principaux fleuves (Niger et Sénégal). Ce territoire montagneux, accolé au Mali et à la Guinée, communément appelé Pays Bassari, est aussi connu pour la beauté de ses paysages et la diversité des sociétés dont les cultures originales ont été préservées. Il accueille, en effet, une grande variété de groupes culturels dont les Bassari, les Bédik, les Coniagui, ou encore les Dialonké. Le Pays Bassari abrite aussi une forte communauté de Peul sédentarisés qui ont réussi une remarquable synthèse culturelle articulée à un aménagement paysager basé sur l’adaptation aux contraintes du milieu.
Ces cultures sont connues grâce aux travaux d’administrateurs, de voyageurs, d’ethnologues, d’historiens, de linguistes qui ont réalisé des études et fait des descriptions souvent très précises. Elles rendent compte de l’existence de valeurs spécifiques, profondément ancrées dans les terroirs et qui se sont développées dans des
espaces naturels remarquables. Cette osmose se traduit dans un aménagement sophistiqué de l’espace, dans des formes architecturales variées, dans la fonctionnalité des technologies endogènes, dans la richesse des rites et cérémonies qui ponctuent l’année agraire et les étapes de la vie sociale.
Le bien proposé, situé dans la région de Kédougou est une série de 3 aires géographiques couvrant 503 km² au total, abritant chacune une culture et un groupe linguistique distinct :

 le paysage culturel Bassari,

 le paysage culturel Bédik,

 le paysage culturel Peul.

a2. Description de l’aire géographique Bassari

La zone Bassari retenue s’étend sur 242 km² au Sud de Salémata. C’est un paysage de collines qui abrite une
vingtaine de villages. L’ensemble est protégé par les monts Ané, un arc montagneux d’une vingtaine de kilomètres
se développant de la frontière guinéenne au sud‐ouest jusqu’à Dar Salam au nord‐est. La zone n’est accessible que
par des chemins et des pistes difficilement carrossables. Le territoire est cultivé sur 1/10ème de sa surface et
préserve de grandes zones de forêts qui abritent de nombreux animaux dont d’importantes colonies de singes. La
zone est très riche en sites archéologiques.


1. PRESENTATION DU SITE

a3. Description de l’aire géographique Bédik


La zone proposée est la montagne Bédik, qui s’étend sur 181 km² et émerge de la plaine de Bandafassi. Elle culmine à 470 m, soit 300 m environ au dessus de la plaine. Neuf villages sont installés sur le massif, dans des endroits souvent difficiles d’accès offrant une vue stratégique sur la plaine. Ces villages sont toujours habités malgré les difficultés d’approvisionnement en eau.


a4. Description de l’aire géographique Peul


La zone retenue est également une montagne, qui émerge de la plaine de Dindéfello et culmine à 495 m, soit 300m environ au dessus de la plaine. Le sommet de la montagne est un vaste plateau occupé par 5 villages :
Sagaridié, Badiari, Afia II, Dandé et Diogoma avec les hameaux de Mboulaye, Mboundou, Doundouké, Noughéré et Nandoumari. L’aire géographique couvre une surface de 79 km². Le contraste entre la plaine et la montagne est ici saisissant et donne naissance à des paysages fantastiques, marqués par des falaises, des cascades, des vasques creusées par l’eau, des dents de plus de 100 m de haut et des grottes étonnantes. Là aussi, de nombreux sites de refuge ont laissé des traces dans le paysage.


a5. Environnement physique


Le paysage est marqué par deux éléments distincts: la plaine alluviale, dont l’altitude oscille autour des 100 mètres, et le socle montagneux, qui domine la plaine. La Haute Gambie est la seule zone montagneuse du Sénégal avec une altitude dépassant les 500 m le long de la frontière guinéenne. L’extrême fragilité des sols latéritiques et dans certains points les fortes pentes ont forcé les populations à des techniques de culture
particulièrement évoluées et intéressantes. Ces contreforts du Fouta Djalon renferment de nombreuses grottes ou cavernes. Certaines sont aujourd’hui inutilisées mais présentent des traces d’occupation antérieures. D’autres servent lors des cérémonies d’initiation ou sont habitées par des génies.
La forêt est un lieu important dans cet espace montagneux. Certaines forêts sont interdites à la culture car des rituels y sont pratiqués. C’est dans les endroits boisés de ces plateaux que les Bédik font surgir les masques. Cependant on observe la disparition progressive de ces bois au profit des champs : la démographie, qui reste très faible (moins de 20 habitants/km²) est en hausse et les terres cultivables s’appauvrissent.

A6. Faune et flore


Faune et flore sont celles de la savane soudanienne, savane arborée assez dense et comportant déjà des espèces de forêt vers le Sud. Cette abondance de la faune est à l’origine de l’établissement du Parc National du Niokolo-Koba au Nord‐Ouest du pays Bassari. La faune est abondante aux abords du parc (buffles, hippopotames,
antilopes, élans de Derby, singes, lions, panthères, phacochères, etc.). Sa gestion rationnelle suivant les pratiques traditionnelles a permis la transmission, jusqu’à nos jours, d’une remarquable biodiversité.
Comme au Niokolo, on trouve une savane boisée avec des reliques de forêt sèche, dense, où des futaies de 20 m de haut s’élèvent au‐dessus d’un sous‐bois de bambous et de combrétacées, savane parfois interrompue par les étendues plates et rocheuses des bowal, par de luxuriantes dépressions rocheuses ou par de larges plaines plus ou
moins inondées.
La savane soudanienne est caractérisée par de hautes graminées et des arbres majestueux : karité, caïlcédrat, néré. Il y a de belles bambouseraies. Les palmiers sont nombreux : palmiers à huile en pays Bassari à la frontière guinéenne, rôniers fréquents au bord des rivières, palmiers raphias, palmiers bans. Auprès des villages abondent,
au milieu d’espèces résistant au feu, des arbres protégés par les rituels ou la réglementation : fromager, néré, karité, baobab. On trouve encore des acacias, des tamarins et d’autres espèces caractéristiques des pays nordsoudaniens.


a7. Le climat


Le climat est caractérisé par une saison des pluies unique et une saison sèche longue et rigoureuse. La température moyenne annuelle à Kédougou est de 28° avec un minimum de moyenne mensuelle à 25° en décembre‐janvier. Le mois le plus chaud est mai où la température plafonne aux environs de 42°. En mai‐juin,
l’harmattan entre en conflit avec la mousson du Golfe de Guinée qui apporte l’humidité. C’est l’époque des tornades orageuses puis de la saison des pluies qui s’installe jusqu’en octobre.
La région de Kédougou se situe entre les isohyètes 500 et 1500 mm, ce qui en fait l’une des régions les plus pluvieuses du Sénégal. La pluviométrie se caractérise par une grande variabilité annuelle et mensuelle. Les mois d’Août et Septembre sont les plus pluvieux. La saison hivernale dure 4 à 5 mois et son installation s’effectue d’une
manière échelonnée du Sud au Nord. La quantité d’eau annuelle en moyenne se situe dans l’ordre de 1 265 mm et le nombre de jours de pluie en moyenne est de 74 par an. L’amplitude des isohyètes offre des opportunités de diversification des cultures et des activités agricoles sous pluies.

 

Le plan de getsion concerne les 3 aires géographiques proposées à l’inscription au patrimoine mondial. Ces zones se trouvent toutes dans la région de Kédougou.

Zone Salémata


Les limites de cette zone sont définies par :


 Au Nord, par la route Salémata ‐ Oubadji
 Au Sud, par la frontière avec la Guinée
 A l’Ouest, par la piste Ebarak ‐ Youkounkoun
 A l’Est, par la route Dar Salam ‐ Dakatéli


Les limites de la zone tampon sont définies par :


 Au Nord, le fleuve Gambie. Au‐delà de ce fleuve se trouve le parc du Niokolo‐Koba, site du patrimoine mondial
 Au Sud, par la frontière avec la Guinée
 A l’Ouest, par la rivière Mithiou
 A l’Est, par la rivière Diarra

Zone Bandafassi


Les limites de cette zone sont définies par :


 Les limites de l’ensemble montagneux dans sa totalité, la cassure entre plaine et montagne étant franche dans le paysage
Les limites de la zone tampon sont définies par : Au Nord, par la rivière Samal


 Au Sud, par la rivière coulant au sud de Wountougoure
 A l’Ouest, par la rivière de Thiokoye
 A l’Est, par la rivière de Sily

Zone Dindéfello


Les limites de cette zone sont définies par :


 Au Nord, par la base de la montagne
 Au Sud‐Est, par la rivière qui descend du plateau vers Ségou
 Au Sud, par la limite des zones cultivées par les villages de Nandoumari, Mboulaye, Dandé et Afia
 A l’Ouest, par la base de la montagne
 A l’Est, par la base de la montagne


Les limites de la zone tampon sont définies par :


 Au Nord, par la rivière qui lie Tiokoye et Ségou
 Au Sud, par la frontière avec la Guinée
 A l’Ouest, par la frontière avec la Guinée
 A l’Est, par la route Ségou ‐ Gadalougué

Add comment


Security code
Refresh

A.Art Studio  Copyright © 2016 Le Pays Bassari - Tous droits réservés