Les villages Bassari du siècle dernier étaient toujours groupés et situés sur une hauteur d’où l’on pouvait surveiller la plaine. Les habitations étaient regroupées en cercle autour d’un espace central qui constituait la place du village. Ce type d’habitat a beaucoup évolué à travers l’histoire avec des adaptations liées aux modifications du contexte socio‐politique et sécuritaire.

Durant les périodes troubles de la Traite négrière le village était, avant tout, un refuge. Les Bassari et Bédik d’aujourd’hui ont gardé de fortes relations avec ces villages anciens qui sont tous des étapes importantes dans le cycle initiatique qui constitue l’âme des cultures du terroir dans cette région du Sénégal. Aujourd’hui il y a une tendance vers un mouvement pendulaire qui fait que les villages historiques sont investis durant les fêtes et les périodes d’initiation. Hors de ces périodes de fort ressourcement où la communauté resserre ses liens, les familles se redistribuent dans un modèle d’occupation dispersée de l’espace. Les familles sont établies suivant un habitat permanent dispersé sur l’ensemble du territoire, chaque maison cherchant à se rapprocher, au maximum, de ses champs et à les suivre dans leurs déplacements au cours des assolements successifs.

Le village de fête est constitué d’un cercle de cases reproduisant l’implantation du village ancien. Chaque famille y dispose d’une, deux ou trois cases qui lui servent à entreposer la bière de mil et à recevoir les invités lors des fêtes. On y trouve les trois cases (ambofor) qui correspondent aux trois premières classes d’âge. Les garçons et les filles de tout le village viennent y passer la nuit. La maison du chef de village est située à proximité. Les maisons dispersées autour de ce centre sociologique, souvent à plusieurs kilomètres, se regroupent par quartiers qui déterminent des groupes de maisons voisines sur une colline ou dans un vallon et qui s’entraident de façon préférentielle pour les travaux agricoles.

La concession, toujours de petite taille, regroupe un homme, ses femmes et ses enfants, parfois quelques femmes âgées. Il y a en principe autant de cases que d’adultes. Il arrive, qu’au début l’homme et la femme partagent la même chambre. Dès qu’il y a une seconde épouse, l’homme construit en plus de la chambre de sa deuxième femme, une case où il peut garder ses affaires. Les chambres sont situées les unes à la suite des autres sur le pourtour de la cour non clôturée. La cuisine se trouve à l’autre bout, ainsi qu’un abri éventuel, un poulailler et une bergerie. Toutes les portes des cases
ouvrent vers le centre de la cour.

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