L’habitat Peul obéit à une autre logique d’organisation. Ici les religions du terroir ont très peu d’impact et le coeur du village est la mosquée. Elle est le centre de la vie religieuse et culturelle. Mais les matériaux sont cependant semblables à ceux utilisés par les Bassari et les Bédik.

Les Peul habitent aussi des cases rondes en terre couvertes de toits de chaume, généralement disposées les unes faces aux autres, pour délimiter une cour centrale. Les cases peuvent être très grandes, et atteindre les 6 mètres de diamètre. La case Peul comporte deux entrées, l’une frontale depuis la cour de la concession, et l’autre à l’arrière donnant accès à un espace clôturé, servant à la toilette. Chaque entrée est fermée par un voile de tissus, et on trouve toujours un canari (jarre d’eau) près de l’entrée. L’intérieur des cases Peul n’est pas cloisonné, ou l’est par des tissus suspendus, et comporte plusieurs sous‐espaces, pour le couchage et la cuisine entre autres.

L’espace intérieur se distingue par un grand soin dans la finition. Les murs sont enduits à la terre et peints en blanc (kaolin ou chaux). Le mobilier se limite à des lits et des malles pour le stockage des habits et bien précieux. On trouve aussi des calebasses et des poteries, suspendues à la charpente, ou posées sur des pieux à trois branches qui les protègent des animaux. Le sol comporte une grande natte pour la réception des
hôtes.
Les toitures Peul sont largement débordantes, et reposent sur une rangée de poteaux placés à distance du mur circulaire. Cela permet à la toiture de descendre jusqu’au sol, créant une galerie périphérique protectrice pour les poules et les chèvres quand il pleut. Ce même espace sert aussi de magasin pour le stockage. Les toitures Peul se distinguent de loin par leurs courbes sensuelles (forme en obus), différentes de la forme strictement conique des toitures Bassari et Bédik. Un autre détail caractérise les toitures Peul : la
paille est maintenue en place grâce à un faisceau de bambous descendant du faîtage, et retenus par des anneaux végétaux. Ces éléments plaquent la paille contre la structure inférieure, et évitent qu’elle soit arrachée par le vent. Cela permet la construction de toitures plus fines et plus légères, moins consommatrices de paille.
La cour de la concession est également un espace soigneusement aménagé. On y trouve un espace de prière, délimité par un muret de terre, et des espaces de couchage utilisés pendant la saison chaude.

Contrairement aux communautés musulmanes environnantes qui ont adopté l’architecture d’inspiration soudano‐sahélienne ou des formes d’hybridation dérivées des modèles arabo‐berbères, les Peul de Dindéfello mais aussi des autres villages de la région ont conservé un style sobre utilisant les matériaux locaux d’où une remarquable harmonie qui marque positivement le paysage.

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