Archéologique

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Longtemps éclipsés des paysages culturels vivant du pays Bassari, les vestiges archéologiques sont restés en marge des préoccupations des chercheurs plutôt attirés par l’ethnologie. C’est donc, fort logiquement, que ce fut à l’appel des ethnologues que les archéologues ont débuté les investigations dans la région.

Il y a eu peu de recherches archéologiques effectuées dans le sud du Sénégal oriental et dans les régions habitées aujourd’hui par les populations Bassari, Bédik et Peul. En 1947, Jean Joire a publié une note sur la découverte d’un gisement de microlithes, qu’il a attribué à la période néolithique, dans la vallée de la Mitji, aujourd’hui en Guinée Conakry (Joire 1947). Cette région, qui se trouve dans l’aire d’extension de l’occupation Bassari dans sa portion guinéenne, aurait donc connu un peuplement préhistorique datant de ce qu’il est convenu d’appeler l’Age de la Pierre. Ce travail pionnier n’a malheureusement pas eu de suite.

A l’invitation de Robert Gessain, Raymond Mauny a effectué une mission de prospection archéologique dans la région de Kédougou (Mauny 1963). Dans son rapport, il annonce la découverte de plusieurs sites néolithiques : “trouvés, tant sur les basses terrasses exondées des bords mêmes de la Gambie que sur le rebord du plateau latéritique enserrant la vallée” (Mauny 1963: 113). Les sites découverts lors de cette prospection ont été répartis en deux catégories, les sites préhistoriques et protohistoriques.
Les sites dits “préhistoriques” contiennent essentiellement des pièces lithiques variées. Des outils en pierre sont trouvés en surface dans le site de Kédougou ‐ Nouvelle Résidence. Des disques, nucleus et éclats en quartz sont trouvés à 3 km au SE de la ville de Kédougou. Un biface est trouvé a Kédougou ‐ Camp militaire.
Des disques et éclats en quartz sont trouvés en surface à Fatika ‐ Sud‐Est; et des pièces lithiques non précisées ont été mises à jour à Angueniapissa et Samékouta.
Les vestiges des sites dits “protohistoriques” relèvent de trois principales catégories. Des pierres sonnantes [lithophones] trouvées à Iwol‐haut et Iwol‐Aperg, des dossiers de siège en pierre à Iwol‐haut, et finalement, les ruines d’un tata à redoute de 100 x 100 m à Yourou‐Moussa à une vingtaine de kilomètres au NNO de Kédougou (Mauny 1963: 119‐121).


En ce qui concerne les vestiges archéologiques, Monique de l’Estrange a publié une note a propos d’une terre cuite Bassari en 1947. Celle‐ci a été découverte à Itiu, dans la subdivision de Youkounkoun en Guinée en Juillet 1946. L’objet en question se trouvait dans un champ, au pied d’un fromager mort. La terre cuite représente un portrait de femme, de 12 cm de hauteur, creux, avec au sommet une orifice circulaire. Ce
vestige était à peine enfoui dans le sol, recouvert par quelques centimètres de sédiment. L’emplacement fouillé a révélé des tessons de poterie Coniagui et Bassari. Ceci s’expliquerait “par le fait que les femmes Coniagui ont l’habitude de jeter leurs pots cassés et autres débris au creux des arbres morts” (de Lestrange 1947: 4). L’argile utilisée pour la confection de la terre cuite en question n’est pas d’origine locale. Les
raisons de la présence de cette terre cuite là où elle a été trouvée sont demeurées mystérieuses, aussi bien pour les Bassari que les Coniagui qui ont été interviewés. Pour de Lestrange (1947: 4), il faudrait chercher l’explication du côté de la forte présence des Bassari dans la région d’Itiu. “Les Bassari descendent fréquemment chez leurs parents Coniagui. De plus, au cours des guerres entre les deux peuples, de nombreux Bassari ont été ramenés comme prisonniers à Iltiu, actuellement peuplé d’anciens Bassari ou de leurs descendants” (de Lestrange 1947: 4).

Ces exemples montrent que des prospections systématiques peuvent apporter des données nouvelles sur l’histoire du peuplement des régions Bassari et Bédik.
Plusieurs gisements néolithiques ont été trouvés, tant sur les basses terrasses exondées des bords même de la Gambie que sur le rebord des plateaux latéritiques enserrant la vallée. À proximité des placers d’or de la haute Falémé qui ont livré haches polies, sphères de quartz et pierres percées, les sites découverts aux environs de Kédougou ont commencé à livrer un matériel divers : pebble‐tools, disques, nucléus, pièces et
éclats en quartz et grès quartzite taillés, “enclume” à cupules opposées, biface roulé, haches polies, fragments de poteries. Depuis les premières prospections, les découvertes de sites livrant des hachettes en hématite se sont multipliées.

Aux environs de Kédougou, l’outillage présente une certaine unité de l’ensemble oriental par la présence de petites haches polies en hématite, trouvées ou signalées dans 120 localités du Sénégal oriental et une vingtaine autour de Kédougou. Elles sont traditionnellement considérées comme tombées du ciel au moment des orages et sont supposées pouvoir protéger leur détenteur. On les appelle sanyendo (pierres du
ciel) en malinké, diambel Allah (hachette de Dieu) ou diambel iwondé (hachette de la tornade) en poular et syaxa x oxën (hache du ciel) en Beliyan. Le développement de prospections est susceptible de révéler de nouvelles traces d’occupation humaine ancienne et des vestiges de cultures lithiques variées, non seulement néolithiques, confirmant les données fournies par les premières prospections. Il existe également
des mégalithes sur des lieux de culte, mais ils sont moins spectaculaires que ceux de Sénégambie inscrits au patrimoine mondial en 2006.

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